Literature Questions
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Chapitre 4 :Qui a fait les dessins pour le livre ?
Chapitre 1 :Quel est le métier du narrateur ?
Chapitre 1 :Quel âge avait-il quand il a fait son premier dessin?
explique pourquoi ma vie s'est éprise
C'est sur ce chemin, c'est à cette heure que je prenais conscience de mon prix, d'un état de grâce indicible, et de ma connivence avec le premier souffle accouru, le premier oiseau, le soleil encore ovale, déformé par son éclosion...
Je voudrais dire, dire, dire tout ce que je sais, tout ce que je pense, tout ce que je devine, tout ce qui m'enchante et me blesse et m'étonne ; mais il y a toujours, vers l'aube de cette nuit sonore, une sage main fraîche qui se pose sur ma bouche, et mon cri, qui s'exaltait, redescend jusqu'au verbiage modéré, à la volubilité de l'enfant qui parle haut pour se rassurer et s'étourdir...
Toute présence végétale agissait sur elle [ma mère] comme un antidote, et elle avait une manière étrange de relever les roses par le menton pour les regarder en plein visage.
Mon imagination, mon orgueil enfantin situaient notre maison au centre d'une rose de jardins, de vents, de rayons, dont aucun secteur n'échappait tout à fait à l'influence de ma mère.
Je la chante [ma mère], de mon mieux. Je célèbre la clarté originelle qui, en elle, refoulait, éteignait souvent les petites lumières péniblement allumées au contact de ce qu'elle nommait « le commun des mortels ».
Moi j'aime ! J'aime tant tout ce que j'aime ! Si tu savais comme j'embellis tout ce que j'aime, et quel plaisir je me donne en aimant !
Ma mère fit un cri de renarde :-Ha ! ... Où est-il ?-Qui, Madame Colette ?-Mon petit garçon !
Ma mère me laissait partir, après m'avoir nommée « Beauté, Joyau-tout-en-or », elle regardait courir et décroître sur la pente son œuvre, - « chef-d'œuvre », disait-elle. J'étais peut-être jolie ; ma mère et mes portraits de ces temps-là ne sont pas toujours d'accord...
Sur l'épine encore noire, un merle verni glougloute mélodieusement, égoutte des notes limpides et rondes, - et le parfum de la terre délivré, l'arôme sûr qui monte du tapis de feuilles mortes macérées quatre mois, triturées par le gel et la pluie, emplissent mon cœur de l'amer et incomparable bonheur printanier.
- Tu ne comprends pas... Tu ne peux pas comprendre. Tu n'es qu'une petite meurtrière de huit ans... de dix ans... tu ne comprends rien encore à ce qui peut vivre...Je ne recevais pas, en paiement de mes méfaits, d'autre punition. Celle-ci m'était d'ailleurs assez dure.
Mais ma mère secouait la tête : ses garçons ne rentraient que par des sentiers de traverse, des prés marécageux et bleus ; coupant par les sablières, les ronciers, ils sautaient le mur au fond du jardin.
- Ce que je veux ? mais... l'amour, naturellement, l'amour !
Loin de moi de vous oublier, chiens chaleureux, meurtris de peu, pansés de rien. Comment me passerais-je de vous ? Je vous suis si nécessaire... Vous me faites sentir le prix que je vaux.
Elle ne m'appelait « ma fille » que pour souligner une critique ou une réprimande... Mais la voix, le regard étaient prompts à changer :-Ô mon Joyau-tout-en-or! Ce n'est pas vrai,tu n'es ni bête, ni jolie, tu es seulement ma petite fille incomparable!
Une nuit de printemps, le rossignol dormait debout sur un jeune sarment, le jabot en boule et la tête inclinée, comme avec un gracieux torticolis. Pendant son sommeil, les cornes de la vigne, ces vrilles cassantes et tenaces dont l'acidité d'oseille fraîche irrite et désaltère, les vrilles de la vigne poussèrent si dru, cette nuit-là, que le rossignol s'éveilla ligoté, les pattes empêtrées de liens fourchus, les ailes impuissantes...
« Sido » [ma mère] répugnait à toute hécatombe de fleurs. Elle qui ne savait que donner, je l'ai pourtant vue refuser les fleurs qu'on venait parfois quêter pour parer un corbillard ou une tombe.
